Un membre permanent de la famille – Russel Banks

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Je ne suis pas sûr d’avoir envie de raconter cette histoire qui parle de moi – en tous cas pas maintenant, environ trente-cinq ans après les faits. Mais elle s’est transformée plus ou moins en légende familiale ; par conséquent elle a été fortement révisée et en outre – si je peux me permettre de le dire, dans la mesure où je ne suis pas seulement un témoin mais aussi l’auteur présumé du crime – très déformée.

C’est l’incipit d’ Un membre permanent de la famille, la nouvelle éponyme du livre. Il y avait dans la voix de Russell Banks, une émotion tangible quand il évoquait cette nouvelle à la radio et c’est ce qui m’a intrigué, m’a donné envie de la lire et d’entrer par cette porte dans l’oeuvre de Banks.

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Bientôt, je quitte

Ce que j’ai de choses à écrire.
Mais je n’ai pas le temps.
En ce moment, les journées filent, j’ai plein de choses à faire et je suis ravie de ma vie.

A Bruxelles, il pleut.

J’espère que Bruxelles n’est pas le dernier endroit où je serai heureuse.
J’espère que le bonheur est en moi, s’est inséré en moi, incrusté dans mon corps, par ce désir que j’ai de faire de tout, quelque chose d’intéressant et de possible.

Et expérimenter toujours.

J’ai une grande joie et une grande peur.
Peur de quitter ma ville, ma maison.
Peur de quitter les gens
Et mes amis.

Les gens, tous les gens d’ici que je croise dans la rue.

Pourtant ici, il pleut.
De la pluie mêlée de neige et le ciel est plus opaque que le couvercle de ma marmite jaune. Celle dans laquelle je fais la sorcière gourmande.

Donc oui, j’ai tant de choses à dire, à écrire sur ces dernières semaines.

L’autre jour, au sujet de la peur de vivre, j’ai entendu Fanny Ardant dire ce poème de Maïakovski.

Quelque soit la cause pour laquelle on succombe, la mort n’est pas la mort.
Mais c’est horrible de ne pas aimer, horrible de ne pas oser.
Puisqu’il y a pour tout le monde, une balle et pour tous un couteau,
Alors moi c’est pour quand  ?

Alors moi ce n’est pas pour maintenant.

Désorientale – Négar Djavadi

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« À Paris, mon père, Darius Sadr, ne prenait jamais d’escalator.

La première fois que je suis descendue avec lui dans le métro, le 21 avril 1981, je lui en ai demandé la raison et il m’a répondu : « L’escalator, c’est pour eux. »

« Raison qui m’a décidée, en partie, à entreprendre ce récit sans savoir par où commencer. Tout ce que je sais c’est que ces pages ne seront pas linéaires. Raconter le présent exige que je remonte loin dans le passé, que je traverse les frontières, survole les montagnes et rejoigne ce lac immense qu’on appelle mer, guidée par le flux des images, des associations libres, des soubresauts organiques, les creux et les bosses sculptés dans mes souvenirs par le temps. Mais là vérité de la mémoire est singulière, n’est-ce pas ? » 

PJ Harvey, A place called home

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Notes de chevet – Sei Shônagon

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Choses qui sont proches, bien qu’éloignées

Le Paradis.                                                                                                                                                             La route d’un bateau.                                                                                                                                         Les relations entre un homme et une femme.

Voyage au Japon avec la superbe exposition Ukiyo-e au Musée du Cinquantenaire de Bruxelles. Pendant que mon regard passait de l’une à l’autre de ces images finement gravées et colorées, mes oreilles bruissaient des souvenirs de Sei Shônagon. Dame d’honneur de l’impératrice Sadako, elle vivait à la Cour à l’époque de Heian et on dit qu’elle avait un esprit vif et moqueur qui faisait trembler les courtisans.

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Une envie d’atmosphère…

Est-ce enfin l’arrivée de l’hiver, l’odeur des feuilles dorées qui tombent au pied des arbres ? Est-ce la venue du froid, le retour des saisons de la nuit ? J’ai envie d’atmosphère, de plonger dans l’âme humaine et de m’enfoncer dans la nature sauvage et vivifiante. Polar pourquoi ? Ils sondent la complexité des hommes, leur propension au mal. Trois lettres derrière lesquels se cachent tant de réalités différentes. Le temps est à l’humide, et ne sommes-nous pas las de consulter les sondages ? J’ai profité de cet état pour me jeter sur ce qu’on pourrait appeler les romans de détective. Parce que.

« Le roman de détectives, c’est comme la vie : on cherche toujours quelque chose, on ne trouve pas toujours et , quand on trouve, c’est généralement décevant ou monstrueux. C’est pour cette raison que le détective recommence à chercher. Peu à peu, il sait qu’il ne dénichera jamais rien, aucune raison, aucune morale, aucune certitude, mais il continue de chercher parce qu’il n’y a pas d’autre solution. »

Jean Bernard Pouy, créateur du Poulpe.

Envie d’atmosphère qui ne m’a pas déçue. Car, qu’on se le dise, on ne revient pas indemne de toutes ces découvertes.

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