Dans la forêt – Jean Hegland

IMG_3726 3

 » C’est étrange, d’écrire ces premiers mots, comme si je me penchais par-dessus le silence moisi d’un puits, et que je voyais mon visage apparaître à la surface de l’eau – tout petit et se présentant sous un angle si inhabituel que je suis surprise de constater qu’il s’agit de mon reflet.(…) A Noel prochain, tout ceci sera terminé, et ma sœur et moi aurons retrouvé les vies que nous sommes censées vivre. L’électricité sera rétablie, les téléphones fonctionneront. Des avions survoleront à nouveau notre clairière. En ville, il y aura à manger dans les magasins et de l’essence dans les stations-service. (…) Les banques et les écoles et les bibliothèques auront rouvert, et Eva et moi aurons quitté cette maison où nous vivons en ce moment comme des orphelines qui ont fait naufrage. »

Nell et Eva vivent dans la maison familiale à la lisière de la forêt. L’électricité, l’essence, les magasins d’alimentation, tout cela n’existe plus. Les gestes quotidiens, comme par exemple, écrire sur une page vierge pour griffonner quelque chose, ouvrir une boîte de conserve ou même allumer la lumière lorsque la nuit tombe appartiennent désormais à une époque révolue. Comment faire la différence entre le nécessaire du superflu, lorsqu’on a toujours vécu dans une société d’opulence ?

Lire la suite »

Un membre permanent de la famille – Russel Banks

IMG_3196

 

Je ne suis pas sûr d’avoir envie de raconter cette histoire qui parle de moi – en tous cas pas maintenant, environ trente-cinq ans après les faits. Mais elle s’est transformée plus ou moins en légende familiale ; par conséquent elle a été fortement révisée et en outre – si je peux me permettre de le dire, dans la mesure où je ne suis pas seulement un témoin mais aussi l’auteur présumé du crime – très déformée.

C’est l’incipit d’ Un membre permanent de la famille, la nouvelle éponyme du livre. Il y avait dans la voix de Russell Banks, une émotion tangible quand il évoquait cette nouvelle à la radio et c’est ce qui m’a intrigué, m’a donné envie de la lire et d’entrer par cette porte dans l’oeuvre de Banks.

Lire la suite »