Septembre

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Septembre, cap à l’Ouest.

Nouvelle destination, nouveaux projets et toujours la vie, mystérieuse, intéressante, ouverte. L’horizon ? On le distingue sans savoir ce qu’il nous réserve, s’il y aura des alizés, des tempêtes. Il y a une mer à traverser, un océan d’inconnues. Mais où sont mes livres ? Dans quel carton vais-je trouver celui qui me guidera ?

Celui qui retracera pour moi l’étendue d’une vie, avec ses contrastes, ses inflexions, comme s’il dessinait une de ces cartes d’explorateurs et de géographes que l’on retrouve, et qui semblent un peu déformées. Car elles ne sont pas parfaites, ni tout à fait exactes.

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Je cherche des livres-cartographies. J’aime que les livres se tissent avec ma vie, qu’ils soient phares, qu’ils m’éclairent. Ici, la nuit est bien plus noire et silencieuse que dans les villes. Les étoiles crépitent, les chouettes, les renards et les chevreuils en profitent. Il y a toujours une bête dehors pour me rappeler que je ne suis plus désormais, une urbaine.

Je cherche donc un livre qui serait ainsi, peuplé d’animaux et de chimères. Un livre qui serait plein de magie. Au hasard des rencontres de l’été, entre deux cartons ou dénichés ici dans les bibliothèques de la vieille maison, voici ceux qui me tentent :

  • La danse de la réalité, d’Alexandro Jodorowsky
  • The stories we live by, Dan P. Mc Adams
  • Portrait de femme, de Henry James
  • Mères, filles, sept générations, de Juliet Nicolson
  • Cent ans, de Herbjorg Wassmo
  • Une vie sur le Bosphore, d’Irfan Orga

J’y ajoute, Souvenirs de la marée basse, de Chantal Thomas

Une belle pile de livres à déplier un à un pendant la traversée. C’est l’été indien. Je commence maintenant.

« Je suis né en 1929 dans le nord du Chili, sur une terre conquise au Pérou et à la Bolivie. Tocopilla est le nom de mon village natal. Un petit port situé – sans doute n’est-ce pas par hasard – sur le 22e parallèle.« 

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Dans la forêt – Jean Hegland

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 » C’est étrange, d’écrire ces premiers mots, comme si je me penchais par-dessus le silence moisi d’un puits, et que je voyais mon visage apparaître à la surface de l’eau – tout petit et se présentant sous un angle si inhabituel que je suis surprise de constater qu’il s’agit de mon reflet.(…) A Noel prochain, tout ceci sera terminé, et ma sœur et moi aurons retrouvé les vies que nous sommes censées vivre. L’électricité sera rétablie, les téléphones fonctionneront. Des avions survoleront à nouveau notre clairière. En ville, il y aura à manger dans les magasins et de l’essence dans les stations-service. (…) Les banques et les écoles et les bibliothèques auront rouvert, et Eva et moi aurons quitté cette maison où nous vivons en ce moment comme des orphelines qui ont fait naufrage. »

Nell et Eva vivent dans la maison familiale à la lisière de la forêt. L’électricité, l’essence, les magasins d’alimentation, tout cela n’existe plus. Les gestes quotidiens, comme par exemple, écrire sur une page vierge pour griffonner quelque chose, ouvrir une boîte de conserve ou même allumer la lumière lorsque la nuit tombe appartiennent désormais à une époque révolue. Comment faire la différence entre le nécessaire du superflu, lorsqu’on a toujours vécu dans une société d’opulence ?

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